Trottinette électrique et pentes : comment lire les vraies limites moteur, analyser votre trajet et éviter les...
Pente et trottinette électrique : comprendre les limites moteur
Si vous possédez déjà une trottinette électrique ou si vous envisagez d’en acheter une, il est essentiel de savoir si le modèle choisi sera réellement capable de gravir les pentes présentes sur votre trajet quotidien. Cette question ne concerne pas uniquement la performance brute, mais aussi la durabilité du matériel, la sécurité et le respect des limites techniques du moteur.
Les fabricants indiquent généralement un pourcentage de pente maximal dans les caractéristiques techniques. Pourtant, cette donnée est très souvent mal interprétée et parfois volontairement optimiste afin de favoriser les ventes. Une mauvaise compréhension de cette valeur peut conduire à une utilisation inadaptée, à des pertes de performance, voire à une surchauffe prématurée du moteur.
L’objectif de cet article est de vous aider à interpréter correctement les données de pente, à analyser une montée réelle sur votre trajet et à comprendre les limites physiques d’une trottinette électrique afin d’éviter toute dégradation à long terme.
Ce que signifie réellement une « pente maximale » sur une trottinette électrique
Le pourcentage de pente indiqué sur la fiche technique d’une trottinette électrique correspond à une valeur limite de fonctionnement. Il ne s’agit pas d’une valeur de confort ni d’un usage recommandé sur la durée, mais d’un seuil au-delà duquel le moteur sort de sa plage de fonctionnement optimale.
Chez MOBYGUM, cette valeur correspond à une pente pour laquelle la trottinette est encore capable de maintenir une vitesse exploitable sans mettre le moteur en contrainte excessive. Il est fortement déconseillé d’utiliser une trottinette de manière prolongée au-delà de ce seuil, car le moteur peut entrer dans une zone de rendement très faible, génératrice de chaleur.
Il est également important de préciser que de nombreux fabricants annoncent des pentes maximales mesurées dans des conditions idéales : utilisateur léger, batterie pleine, température modérée, montée très courte. Dans la réalité, ces conditions sont rarement réunies, ce qui explique l’écart fréquent entre la fiche technique et l’expérience utilisateur.
Pourquoi un moteur de trottinette électrique chauffe en montée
Les moteurs électriques utilisés dans les trottinettes présentent un rendement optimal à une certaine plage de vitesse. Lorsqu’une pente devient importante, la vitesse chute tandis que la demande en couple augmente fortement.
Cette combinaison entraîne une augmentation significative de l’intensité électrique, donc une production de chaleur accrue. Contrairement à d’autres véhicules électriques plus lourds, la trottinette ne dispose pas de système de refroidissement actif. La dissipation thermique repose uniquement sur l’air ambiant et la masse du moteur.
Lorsque la montée est trop longue ou trop raide, la chaleur produite dépasse la capacité de dissipation, ce qui peut entraîner :
- une baisse de puissance progressive,
- un déclenchement de protection thermique,
- une usure accélérée des bobinages,
- une dégradation irréversible du moteur à long terme.
Les paramètres qui influencent la capacité à gravir une pente
La capacité réelle d’une trottinette électrique à monter une pente dépend de plusieurs facteurs cumulés :
- la température extérieure,
- la pression et le type de pneus,
- le poids de l’utilisateur et de ses équipements,
- l’inclinaison de la pente,
- la longueur totale de la montée.
Dans cet article, nous nous concentrons volontairement sur l’inclinaison et la longueur de la pente, car ce sont les deux paramètres déterminants pour analyser un trajet réel et éviter les mauvaises surprises.
Pourcentage, dénivelé et degrés : comprendre les unités avant de calculer
Le dénivelé correspond uniquement à la différence d’altitude entre un point bas et un point haut. Pris seul, il ne donne aucune indication sur la difficulté réelle de la montée.
Le pourcentage de pente est la notation la plus utilisée. Une pente de 10 % signifie que l’on monte de 10 mètres verticalement pour 100 mètres parcourus horizontalement.

Une confusion fréquente consiste à assimiler pourcentage et degrés. À titre d’exemple, une pente de 10 % correspond à environ 5,7°. Une pente de 15 % ne correspond donc absolument pas à 15°.
Comment analyser la pente de votre trajet avec Google Maps
Google Maps reste l’outil le plus simple et accessible pour analyser une montée réelle. Après avoir renseigné votre point de départ et votre point d’arrivée, il est indispensable de sélectionner le mode “vélo” afin d’afficher le profil altimétrique.
Ce profil permet de visualiser précisément les zones de montée et de descente. En déplaçant le curseur sur le graphique, vous pouvez identifier la portion exacte correspondant à la pente.
Il est recommandé d’isoler uniquement la montée concernée en modifiant le trajet étape par étape. Vous pourrez alors relever la distance de la pente et le dénivelé associé.

Exemple concret d’analyse d’une montée
Dans l’exemple illustré, la portion de montée mesure 500 mètres pour un dénivelé de 46 mètres.
Pourcentage de pente = 100 × (Dénivelé / Distance)
Le calcul donne donc une pente moyenne de 9,2 % sur 500 mètres.
Sur le papier, cette valeur semble compatible avec une trottinette annoncée pour une pente maximale de 15 %. Pourtant, la longueur de la montée change totalement l’analyse. Une montée prolongée à près de 10 % représente une contrainte thermique importante pour un moteur sous-dimensionné.
Pourquoi une pente acceptable peut malgré tout provoquer une surchauffe
Les fiches techniques précisent rarement les conditions exactes de mesure. Certaines indiquent un pourcentage maximal sur une distance courte, d’autres un dénivelé maximal sur une distance plus longue.
Par exemple, une pente de 15 % peut être tolérée sur 300 à 400 mètres, ou correspondre à un dénivelé total maximal de 60 mètres. Dépasser ces limites, même avec une pente inférieure, peut entraîner une accumulation thermique progressive.
C’est précisément sur ce point que de nombreux fabricants jouent sur l’ambiguïté des chiffres, en communiquant un pourcentage maximal sans jamais préciser la durée ou la distance admissible.
Adapter la motorisation à son environnement réel
Le critère déterminant n’est donc pas uniquement le pourcentage de pente, mais la combinaison entre inclinaison et longueur. Une pente longue et modérée peut être aussi exigeante qu’une pente courte et très raide.
Une motorisation suffisamment puissante permet de maintenir une vitesse plus élevée en montée, ce qui améliore le rendement du moteur et limite la production de chaleur.
Pour les trajets comportant des pentes répétées ou longues, les trottinettes bi-moteurs offrent un avantage significatif en répartissant l’effort et en réduisant la contrainte thermique sur chaque moteur.
Ce qu’il faut retenir avant de tirer une conclusion
La capacité d’une trottinette électrique à gravir une pente ne se résume jamais à un chiffre marketing. Le pourcentage annoncé doit toujours être replacé dans un contexte réel d’utilisation.
Analyser son trajet, comprendre la longueur des montées et respecter les limites physiques du moteur permet de préserver la fiabilité du matériel et d’éviter les déconvenues à long terme.
FAQ – Pente et trottinette électrique
Les fabricants exagèrent-ils les pentes maximales annoncées ?
Oui, dans de nombreux cas. Les valeurs sont souvent mesurées dans des conditions idéales et sur de très courtes distances. Elles ne reflètent pas toujours un usage réel et continu.
Une pente courte mais très raide est-elle dangereuse ?
Elle peut être tolérée sur une courte distance si la trottinette est suffisamment puissante, mais répétée fréquemment, elle accélère l’usure du moteur.
Pourquoi ma trottinette ralentit-elle fortement en montée ?
Parce que le moteur entre dans une zone de faible rendement. Plus la vitesse chute, plus l’intensité demandée augmente, générant de la chaleur.
Un bi-moteur est-il toujours nécessaire en zone vallonnée ?
Pas systématiquement, mais il apporte un confort et une marge de sécurité thermique appréciables sur les trajets comportant de longues montées.
Comment savoir si mon moteur surchauffe ?
Perte de puissance, coupures temporaires, odeur inhabituelle ou déclenchement de protection sont des signes d’alerte à ne pas ignorer.
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